La situation sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo devrait, selon le député national Crispin Mbindule, orienter davantage les choix budgétaires du gouvernement pour l’exercice 2027. L’élu de Butembo, au Nord-Kivu, propose de consacrer 50 % des allocations budgétaires à la défense et à l’armée, estimant que les priorités du pays doivent d’abord tenir compte du contexte de guerre.
Cette proposition a été formulée lors de l’examen du projet de loi de finances 2027 à l’Assemblée nationale, après sa présentation par la Première ministre Judith Suminwa, jeudi dernier. Dans son intervention, le député, membre de l’UDPS, a notamment remis en question la priorité accordée aux projets d’infrastructures, particulièrement à la construction des routes.
Pour justifier sa position, Crispin Mbindule considère que les grands travaux peuvent attendre le retour de la paix. « On peut le faire si on est en paix », a-t-il lancé, en réaction aux orientations présentées par la cheffe du gouvernement.
L’élu du Nord-Kivu a plutôt appelé à mobiliser davantage de moyens pour permettre aux forces armées de reconquérir les territoires perdus dans l’Est du pays. Il a également évoqué la nécessité de traduire l’ancien président Joseph Kabila en justice.
« Parce que si nous consacrons ce budget à la défense pour conquérir les territoires perdus entre les mains du Rwanda et capturer monsieur Kabila et l’amener devant la justice, on aura déjà fait grand-chose », a-t-il déclaré avant de quitter la tribune.
Pour l’exercice 2027, les allocations du budget général sont chiffrées à 51 242 milliards de francs congolais. Sur ce montant, 14 091 milliards de francs congolais, soit l’équivalent de 6,1 milliards de dollars américains, représentent 27,5 % des prévisions budgétaires.
Cette enveloppe couvre toutefois plusieurs secteurs, notamment la défense, la sécurité intérieure, la stabilisation des communautés, la justice et la diplomatie. La proposition de Crispin Mbindule intervient ainsi dans le débat sur la répartition des ressources publiques entre les impératifs sécuritaires et les autres priorités de l'action gouvernementale.