RDC : Kinshasa participera-t-elle aux négociations de Luanda avec le M23 ?
La participation de la RDC aux négociations de Luanda avec le M23 reste incertaine. Alors que l'Angola a annoncé l'ouverture de discussions directes le 18 mars, Kinshasa n'a pas encore confirmé sa présence. Fidèle à sa ligne de conduite, le gouvernement congolais privilégie les cadres diplomatiques existants, comme les processus de Luanda et de Nairobi. L’issue de cette médiation angolaise pourrait influencer la stratégie de Kinshasa face au conflit à l’est du pays.

L’Angola a annoncé l’ouverture prochaine de pourparlers entre la République démocratique du Congo (RDC) et le groupe armé M23, prévu pour le mardi 18 mars à Luanda. Cependant, la participation de Kinshasa à ces discussions reste incertaine. Malgré l’invitation officielle, les autorités congolaises n’ont, pour l’instant, ni confirmé leur présence ni précisé leur position sur d’éventuelles négociations directes avec le mouvement rebelle qui contrôle plusieurs territoires dans l’est du pays.
Une incertitude persistante sur la participation congolaise
Jusqu’ici, la présidence congolaise demeure évasive sur une éventuelle implication dans ces discussions. Beaucoup espéraient que le dernier conseil des ministres du vendredi 14 mars apporte des clarifications, mais le sujet n’a pas été abordé. Interrogé à ce propos, le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, s’est contenté de réaffirmer l’engagement du chef de l’État à libérer les zones sous occupation. Aucune mention explicite d’un dialogue avec le M23 n’a été faite, renforçant le flou autour de la position officielle du gouvernement.
Un enjeu politique et stratégique majeur
La question des négociations directes avec le M23 divise depuis plusieurs années. Kinshasa s’est toujours refusée à traiter directement avec ce groupe armé, considérant que toute discussion doit s’inscrire dans des cadres multilatéraux déjà établis.
Deux initiatives diplomatiques structurent actuellement le processus de résolution du conflit :
- Le processus de Luanda, qui vise à apaiser les tensions entre la RDC et le Rwanda, accusé de soutenir le M23.
- Le processus de Nairobi, qui regroupe les groupes armés ayant accepté de déposer les armes et les autorités congolaises.
L’Angola, qui joue un rôle de médiateur, cherche désormais à inscrire ces nouvelles discussions dans l’un de ces cadres existants pour garantir leur légitimité.
Vers une nouvelle dynamique de paix ?
Si Kinshasa reste sur sa position de ne pas dialoguer directement avec le M23, l’issue de cette initiative diplomatique pourrait être compromise. Toutefois, la pression internationale et les impératifs de stabilisation de l’Est du Congo pourraient contraindre les autorités congolaises à ajuster leur approche. Une participation, même indirecte, à ces discussions permettrait d’évaluer les intentions réelles du M23 et de renforcer les efforts de paix en cours.
Reste à savoir si, dans les jours à venir, la présidence congolaise clarifiera sa position sur cet enjeu crucial pour la sécurité du pays.