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RDC : La justice convoque des proches de Kabila pour complicité présumée avec le M23

Le parquet militaire de Kinshasa-Gombe a convoqué plusieurs figures du PPRD, soupçonnées de collaboration avec le groupe rebelle M23/AFC, ravivant les tensions politiques en République démocratique du Congo.

Kinshasa, le 8 mars 2025 – La justice congolaise resserre l’étau autour de plusieurs figures influentes du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), formation politique de l’ex-président Joseph Kabila. Deux poids lourds du parti, Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary, sont convoqués par le parquet militaire. Selon des sources judiciaires, ils seraient suspectés d’avoir entretenu des liens avec le groupe rebelle M23/AFC, actif dans l’est du pays et soutenu par le Rwanda.

Une convocation aux allures de bras de fer politique

Le procureur de la cour militaire de Kinshasa-Gombe a officiellement convoqué Aubin Minaku, ancien président de l’Assemblée nationale et actuel numéro deux du PPRD. Une convocation similaire a été envoyée à Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du parti. Toutefois, selon une source proche du dossier, d’autres personnalités politiques pourraient également être inquiétées dans cette affaire.

Bien que le parquet militaire n’ait pas détaillé les motifs précis de cette convocation, le ministre de la Justice, Constant Mutamba, a, quant à lui, brisé le silence. Dans un communiqué au ton ferme, il affirme que ces anciens hauts responsables sont soupçonnés d’avoir collaboré avec la rébellion du M23/AFC, qui mène depuis plusieurs mois une insurrection dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu avec le soutien de l’armée rwandaise.

Interdiction de sortie du territoire et tensions accrues

Face à ces accusations, les autorités ont pris une mesure drastique : Minaku, Shadary et d’autres figures du PPRD ne peuvent plus quitter le territoire national jusqu’à nouvel ordre. Cette décision s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre l’actuel pouvoir et le clan Kabila.

Depuis plusieurs mois, le président Félix Tshisekedi multiplie les mises en cause de son prédécesseur, l’accusant de diverses manœuvres déstabilisatrices. De leur côté, les proches de l’ancien chef de l’État dénoncent une cabale politique destinée à les affaiblir.

Une vague de procès militaires annoncée

Dans le cadre de cette affaire, le ministre Mutamba a également annoncé l’ouverture, dès le jeudi 13 mars, des procès de plusieurs officiers supérieurs des Forces armées de la RDC (FARDC). Ces derniers sont accusés d’avoir abandonné leurs positions stratégiques face à l’offensive du M23, laissant derrière eux armes, munitions et équipements militaires. Cette désertion présumée aurait facilité la prise de Goma en janvier et de Bukavu en février par les rebelles.

Alors que l’étau judiciaire se resserre sur d’anciens dignitaires du régime Kabila, l’opinion publique reste divisée. Certains y voient une avancée dans la lutte contre l’impunité, tandis que d’autres dénoncent une instrumentalisation politique de la justice. Quoi qu’il en soit, cette affaire pourrait bien rebattre les cartes du paysage politique congolais à l’approche des prochaines échéances électorales.

Henry Fiti

Journaliste et développeur congolais, fondateur de Congonet 24. Passionné par l’information et la technologie, je m’engage à offrir une actualité fiable et accessible.

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