Les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), qui occupent de vastes zones dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), poursuivent le pillage systématique des ressources minières du pays. Selon des informations de l’agence Reuters consultées par CONGONET 24, le groupe armé aurait dérobé pour plus de 70 millions de dollars d’or appartenant à l’entreprise Twangiza Mining depuis le mois de mai 2024.
La société minière, dont les installations sont situées dans la province du Sud-Kivu, affirme que le M23, soutenu par le Rwanda, a pris le contrôle du site depuis plusieurs mois.« Avec l’aide de certains employés, ils ont transporté le premier lot de plus de 50 kg d’or en un temps très court », a déclaré Twangiza Mining à Reuters.
L’entreprise précise que le pillage s’est poursuivi à grande échelle :« Depuis l’occupation, ils ont obtenu au moins 500 kg d’or et les ont transportés secrètement par des canaux souterrains ».
Face à ces pertes considérables, la société minière annonce qu’elle prépare le dépôt d’une plainte formelle « auprès d’un tribunal d’arbitrage international et des autorités congolaises », selon la même source.
Ces révélations viennent renforcer les conclusions d’un rapport récent de l’Oakland Institute, qui accuse Kigali d’apporter un soutien logistique et financier au M23 pour faciliter le pillage des minerais congolais. D’après ce document, les minerais extraits illégalement en RDC seraient ensuite blanchis dans les usines au Rwanda avant d’être exportés vers les marchés internationaux, avec la complicité présumée de certaines entreprises étrangères.
L’institution américaine estime par ailleurs que l’accord de paix signé le 27 juin dernier à Washington entre la RDC et le Rwanda, présenté comme un pas vers la stabilité régionale, pourrait en réalité institutionnaliser le commerce illicite des ressources congolaises. Selon elle, ce texte ne serait qu’« une formalisation de ce pillage illicite des ressources de la RDC depuis des années par les entreprises américaines, à travers le Rwanda et l’Ouganda ».
Cette nouvelle affaire met une fois de plus en lumière l’enjeu stratégique des richesses minières de l’Est congolais, au cœur des tensions régionales et des conflits armés qui perdurent depuis plus de deux décennies.
Jonas TSHIPADI




