L’équipe du Bureau permanent d’enquête des accidents et incidents d’aviation (BPEAIA), déployée pour déterminer les causes du récent accident aérien, se retrouve dans une situation aussi inattendue que préoccupante. Selon TOP CONGO FM, les enquêteurs ne bénéficient d’aucun soutien logistique de l’État pour regagner Kinshasa, où doivent être traitées les données essentielles à l’enquête.
L’enjeu est pourtant crucial : les membres du BPEAIA transportent les deux boîtes noires de l’appareil, des enregistreurs de vol indispensables pour reconstituer les circonstances exactes du crash. Le transfert sécurisé de ces éléments représente une étape déterminante pour l’avancement de l’enquête.
Mais malgré l’importance de leur mission, les autorités provinciales comme nationales restent silencieuses. Faute de moyens officiels mis à leur disposition, les enquêteurs ont été contraints d’improviser leur retour. Une source citée par la radio rapporte : «Sans soutien de l’État, les experts du Bureau permanent d’enquête des accidents et incidents d’aviation sont pris en charge par les membres de leurs familles qui ont assuré leur retour à Lubumbashi par la route.»
Cette situation soulève de vives préoccupations. Le transport par voie routière, sur plusieurs centaines de kilomètres, d’éléments aussi sensibles que les boîtes noires comporte des risques majeurs : détérioration potentielle des données, exposition aux accidents ou aux actes de banditisme, et vulnérabilité accrue des enquêteurs eux-mêmes.
Alors que l’intégrité des preuves est capitale pour établir la vérité sur l’accident, l’absence de prise en charge institutionnelle fait peser une menace sérieuse sur la suite de l’enquête. Pour l’heure, la survie du processus dépend littéralement du soutien et des ressources des familles des experts.
Jonas TSHIPADI




