
Après plusieurs jours sous l’emprise du groupe rebelle M23/AFC, la cité de Walikale voit ses habitants revenir progressivement, malgré un climat de peur et d’incertitude. Le mercredi 19 mars, de violents affrontements avaient opposé les forces armées congolaises aux rebelles, contraignant une grande partie de la population à fuir vers des zones plus sûres.
Toutefois, la situation demeure préoccupante, en particulier sur l’axe Walikale-centre – Lubutu, où des combats sporadiques se poursuivent. Plusieurs témoins rapportent que la tension reste palpable, laissant craindre une reprise des hostilités à tout moment.
Des pillages à grande échelle signalés
Parallèlement à ces affrontements, des actes de pillage sont signalés dans plusieurs villages environnants. Des hommes armés en uniforme militaire auraient dévalisé boutiques, habitations et exploitations agricoles à Mubi, Ndjingala, Logu, Biruwe, Makana et Kangama, jusqu’aux confins du Maniema.
Ces attaques, d’une ampleur considérable selon des sources locales, ont privé de nombreux habitants de leurs moyens de subsistance. Du bétail aux marchandises en passant par les biens personnels, rien ne semble épargné par ces pillards. Face à cette insécurité grandissante, de nombreuses familles préfèrent rester à l’écart des axes routiers et cacher leurs biens pour éviter d’être à leur tour victimes de ces exactions.
Une crise humanitaire en gestation
Dans ce contexte d’instabilité, les organisations humanitaires tentent d’apporter une aide aux populations affectées. Leurs équipes s’activent à recenser les blessés et à organiser l’évacuation des corps des victimes, une démarche cruciale pour éviter une catastrophe sanitaire.
Le retour des habitants à Walikale reste donc marqué par une profonde incertitude. Si certains osent revenir, beaucoup restent suspendus à l’évolution de la situation sécuritaire, redoutant une nouvelle flambée de violence dans cette région déjà éprouvée par des années de conflit.