La 21ᵉ édition de la DRC Mining Week s’est ouverte mercredi 17 juin 2026 à Lubumbashi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, avec un message clair : le pays entend désormais tirer pleinement profit de ses immenses ressources minières.
Organisé jusqu’au 19 juin au Pullman Grand Karavia, l’événement réunit plus de 300 exposants et des milliers de professionnels venus d’Afrique et d’ailleurs. Investisseurs, opérateurs miniers, autorités publiques et partenaires techniques s’y retrouvent pour échanger autour des minerais critiques, de la transition énergétique et des opportunités d’investissement.
Dès son discours d’ouverture, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a insisté sur le rôle stratégique que joue aujourd’hui la RDC dans l’économie mondiale. « Ce que l’Arabie Saoudite était dans les années 70 à cause du pétrole, c’est ce que la RDC est aujourd’hui au monde grâce à ses minerais stratégiques », a-t-il déclaré devant un parterre d’acteurs du secteur.
Un potentiel que le gouvernement ne veut plus voir exploité sans retombées suffisantes pour le pays. Kinshasa affiche désormais sa volonté de rompre avec un modèle basé essentiellement sur l’exportation de matières premières brutes. « Nous ne devons pas rater cette opportunité et laisser toujours les autres se servir, tandis que nous restons une simple source d’approvisionnement sans créer de richesses pour les nôtres », a insisté le ministre.
Au cœur de cette stratégie : la transformation locale des minerais et le développement d’une véritable industrie minière nationale. L’objectif est double : créer des emplois qualifiés et augmenter les revenus générés par le secteur au bénéfice de l’économie congolaise.
Cette ambition s’accompagne d’une volonté de moderniser la gouvernance du secteur. Les autorités promettent un cadre plus transparent, plus sécurisé et mieux adapté aux exigences internationales, notamment en matière de traçabilité et de certification des minerais.
Le gouvernement met également l’accent sur les infrastructures, considérées comme un levier essentiel de compétitivité. Énergie, réseaux ferroviaires, ports et corridors logistiques figurent parmi les priorités pour faciliter l’acheminement des ressources vers les marchés internationaux.

Dans cette optique, les corridors nationaux occupent une place centrale dans la stratégie présentée à Lubumbashi, avec pour ambition de désenclaver les zones de production et de fluidifier les exportations. Pendant trois jours, la DRC Mining Week servira ainsi de plateforme de discussions sur les défis majeurs du secteur : industrialisation, transition énergétique, digitalisation des opérations et financement des infrastructures.
Pour les autorités congolaises, ce rendez-vous doit déboucher sur des engagements concrets. « Mon vœu est que cette édition soit porteuse de solutions concrètes, de partenariats ambitieux et d’engagements renouvelés en faveur d’une exploitation minière qui profite d’abord au peuple congolais », a conclu Louis Watum Kabamba en ouvrant officiellement les travaux.
Au-delà des annonces, la RDC joue une partie importante : transformer son statut de géant minier en véritable puissance industrielle, capable de convertir ses ressources naturelles en croissance durable et en prospérité pour sa population.
Jonas TSHIPADI




