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Lualaba : trois morts dans un éboulement sur un site minier à Kisankala

Un nouvel accident mortel a endeuillé, dimanche 30 novembre, le secteur minier artisanal dans la province du Lualaba. Un éboulement survenu sur le site de Moto Pompe, à Kisankala, dans le territoire de Mutshatsha, a causé la mort de trois personnes, selon un bilan provisoire communiqué mardi 2 décembre par la société civile locale.

La structure Eben-Ezer, active dans la zone, fait état de « 3 morts, un blessé et 4 rescapés ». Ce bilan concorde avec les témoignages recueillis auprès d’un survivant de l’incident. D’après cette organisation citoyenne, les victimes restent encore ensevelies sous les amas de terre provenant de puits d’extraction artisanale, faute d’intervention rapide.

Elle déplore l’inaction des services étatiques dépêchés sur le lieu du drame. Selon la même source, « les services étatiques, notamment le Saemape, arrivés le mardi sur le lieu du drame, n’ont pas fourni les solutions attendues, alors que les corps se putréfient sous le sous-sol ».

La société civile affirme également être la cible de « menaces verbales contre l’intégrité physique de ses membres ». Ces intimidations seraient proférées par un groupe d’exploitants miniers artisanaux se réclamant d’un parti politique, qui accusent l’organisation d’avoir alerté sur l’éboulement, une démarche qu’ils considèrent comme une entrave à leur activité quotidienne. La société civile insiste pourtant sur le manque criant de conditions sécuritaires sur le site.

Le drame de Moto Pompe est survenu dans la concession du groupe Eurasian Resources Group (ERG), qui ferait toujours l’objet d’une exploitation artisanale illégale, selon les acteurs locaux. Plusieurs puits se seraient affaissés dans la matinée, piégeant les creuseurs. L’incident ravive le traumatisme provoqué par la tragédie du site minier de Kalando, à Mulondo, où une bousculade avait causé, récemment encore, une trentaine de morts et de nombreux blessés.

Ce nouvel éboulement remet au centre des débats la sécurité dans les zones minières artisanales, régulièrement endeuillées par des accidents liés à l’exploitation clandestine. Lors d’un briefing de presse à Kinshasa, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, avait promis des sanctions exemplaires contre les responsables de la catastrophe de Mulondo. Reste à savoir si ces engagements seront suivis d’actions concrètes pour prévenir de nouveaux drames.

Jonas TSHIPADI

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