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RDC : Tshisekedi lance un audit des recettes minières face aux soupçons de pertes massives

Le président Félix Tshisekedi, a ordonné un audit complet des recettes issues des exportations minières ainsi que des actifs de l’État, dans un contexte de forte production de cuivre et de cobalt. Cette décision fait suite à des préoccupations croissantes sur la capacité du pays à tirer pleinement profit de ses ressources stratégiques.

Selon des informations issues de minutes du conseil des ministres consultées par Reuters, le chef de l’État estime que des failles dans les mécanismes de contrôle empêchent la République démocratique du Congo de bénéficier pleinement de ses exportations, pourtant à des niveaux records.

Premier producteur mondial de cobalt et acteur clé du marché du cuivre, la République démocratique du Congo se trouve au cœur de la compétition mondiale pour l’accès aux minerais critiques. Le pays dispose également d’importantes réserves de lithium, d’or et de coltan, indispensables à la transition énergétique et aux technologies modernes.

Dans ce contexte, Kinshasa a récemment multiplié les partenariats stratégiques, notamment avec les États-Unis et la Chine, deux puissances engagées dans la sécurisation de leurs chaînes d’approvisionnement en matières premières nécessaires aux batteries électriques et aux énergies propres.

Les chiffres illustrent l’ampleur de l’enjeu : environ 3,4 millions de tonnes de cuivre ont été exportées en 2025, contre 3,1 millions en 2024, tandis que les exportations de cobalt ont atteint près de 220 000 tonnes. Toutefois, sur le premier trimestre 2026, les exportations de cuivre ont légèrement reculé, s’établissant à environ 955 000 tonnes contre 1,09 million à la même période l’année précédente.

Malgré ces performances, le président Tshisekedi pointe plusieurs dysfonctionnements majeurs, notamment une surveillance insuffisante, des coentreprises jugées opaques impliquant des actifs publics, le non-rapatriement des bénéfices et des pratiques d’évasion de capitaux via des importations frauduleuses.

Face à cette situation, il a ordonné la réalisation d’un audit exhaustif dans un délai de 30 jours afin d’identifier les recettes non perçues et les défaillances de gouvernance dans les partenariats miniers. Les premières conclusions sont attendues pour le 15 juin, bien que les modalités précises de cet audit n’aient pas été détaillées.

Parallèlement, le chef de l’État a exigé une interconnexion complète entre les services des douanes, les agences portuaires, la banque centrale et les banques commerciales. Objectif : instaurer une chaîne de traçabilité intégrale, afin qu’aucune exportation ou importation de minerais n’échappe au contrôle de l’État.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de réformes du secteur minier engagées par les autorités congolaises pour renforcer la transparence et accroître les recettes publiques. Un précédent audit de l’État avait révélé que certaines grandes compagnies minières auraient sous-déclaré près de 16,8 milliards de dollars entre 2018 et 2023, privant ainsi le pays de ressources cruciales pour son développement.

Enfin, Félix Tshisekedi a également appelé à un durcissement des mesures contre l’exploitation minière illégale, souvent associée à des violences. Les actions envisagées incluent la saisie d’équipements et l’engagement de poursuites judiciaires contre les contrevenants.

Jonas TSHIPADI

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